Stéphanie CANO

 

Stéphanie Cano jubile

Un an après la fin de sa carrière, l'ex capitaine de l'équipe de France a fêté hier son jubilé.

 C'est avec les meilleurs handballeurs français que Stéphanie Cano s'est retrouvée.  photo éric despujols

C'est avec les meilleurs handballeurs français que Stéphanie Cano s'est retrouvée.

 

Elle aura attendu douze mois. Stéphanie Cano voulait en effet faire les choses bien pour son jubilé, un an après son dernier match disputé avec le CA Bègles (D2F). Mais en une année, la cote de Stéphanie n'a pas baissé bien au contraire. Hier, ils étaient ainsi nombreux, anciennes coéquipières ou entraîneurs, à venir jubiler avec elle.

Et tant pis si ce 25 juin était plus propice aux vacances et au farniente plutôt que de suer à grosses gouttes sur les terrains de sandball installés à la plaine des sports de Bègles. « Je comprends les filles qui ne sont pas venues, qui jouent à l'étranger et qui profitent de la trêve pour décompresser de leur longue saison. Mais beaucoup ont réussi à se libérer. Ça fait plaisir de pouvoir vivre cette journée à s'amuser, à se retrouver, à passer un bon moment ensemble ». Ces maîtres mots, Stéphanie Cano les a faits siens depuis plusieurs années. Alors à l'heure de son jubilé, l'ancienne capitaine des Bleues, championnes du monde aux 231 sélections, a voulu organiser une journée « simple et conviviale ».

Dès vendredi, ce sont ainsi 225 écoliers qui en ont décousu lors d'un tournoi de handball. Le jubilé en lui-même a débuté dès 11 heures le matin avec la présence de 160 jeunes pour un tournoi de sandball.

Avec Olivier Krumbholz…

Mais le clou de la journée fut dès le début de l'après-midi, le tournoi des Stars qui réunissait la fine fleur du handball français, dont Stéphanie Cano, de ces dernières années. Des internationales à la pelle dont Myriam Borg-Korfanty, venue en voisine de Mios : « Stéphanie est quelqu'un qui a marqué notre époque, qui nous a beaucoup apporté. Je voulais la remercier par ma présence, c'était quelque chose d'important ». « C'est vrai que de revoir des anciennes est émouvant », rebondit la reine de la journée qui n'a pas pris un kilo depuis la fin de sa carrière. Mince, affûtée, Stéphanie, 37 ans, qui a ouvert un cabinet de kiné, n'a ainsi pas cessé de pratiquer une activité physique : « J'en ai besoin, je me suis mise à pratiquer la course à pied. C'est important pour moi de rester active ».

À quelques encablures de Stéphanie Cano, Olivier Krumbholz, le coach des Bleues, sourit. Lui aussi n'aurait raté ce jubilé pour rien au monde : « Ce fut une joueuse emblématique, qui fut prépondérante sur et en dehors du terrain. J'ai aimé son caractère franc, loyal. Stéphanie est une personne de grande qualité. Je suis heureux de lui rendre hommage par ma présence ».

… Et Jérôme Fernandez

Assailli par les chasseurs d'autographes, Jérôme Fernandez, le capitaine de l'équipe de France, a tenu lui aussi à fêter « Steph », faisant tomber les barrières entre garçons et filles : « Je n'ai pas hésité à venir. C'était important pour Stéphanie, pour les jeunes. J'ai tellement reçu que je trouve important de donner à ces jeunes un peu de mon temps. Je m'entends en plus très bien avec Stéphanie. Elle incarne des valeurs que je partage ».

En attendant, Stéphanie Cano s'est défoncée une dernière fois avec ses copines, sans remords : « Je suis passée à autre chose. Le hand a été ma vie. Même si je resterai proche de ce milieu, je souhaite aussi m'ouvrir à d'autres disciplines. J'ai ça dans le sang ».

 

La fête de son jubilé

Le samedi 25 juin Stéphanie Cano capitaine emblématique de l'équipe de france féminine ,championne du monde a fait son jubilé.

Stéphanie a fait ses début dans le handball au club de Léognan avant de partir pour Mérignac, faire un tour en europe et de terminer sa carrière à Bégles.C'est pour cela que les trois communes ont été invitées à cette fête.Le vendredi aprés midi ce sont les écoles qui étaient conviées et le samedi les moins de 13 et moins de 15 filles et garçons des clubs pour du sandball. nos deux équipes féminines se sont rendues à la plaine des sports et sous un soleil de plomb ont pris part au sandball. Dans la catégorie moins de 13F nos petites léognanaises ont remprté le tournoi.

le soir la réception officielle se déroulait au demaine de Chevalier, en présence de Jérome FERNANDEZ qui a parrainé le jublilé et qui a été présent toute la journée, de la présidente de la Ligue Féminine de Handball, du président du CDOS, de l'adjoint au sport de la commune de Bégles, du maire et de l'adjointe aux sports de la commune de Léognan, de la présidente de la Ligue d'Aquitaine, du président du Comité de Gironde, des présidents des clubs de Léognan et Bégles, de nombreuses joueuses de l'équipe de france féminine anciennes et actuelles, de joueuses étrangères, de parents et d'amis de Stéphanie CANO.

 

 

 
Fiche d’identité
NationalitéDrapeau de la France France
Naissance17 avril 1974(39 ans)
LieuBordeaux
Taille1,64 m
Posteailière droite
Situation en club
Club actuelClub Athlétique Béglais Handball
Parcours professionnel *

SaisonsClubM. (B.)
1989-1991Léognan
1991-2002Mérignac Handball
2002-2003Milar L'Eliana Valence
2003-2004Slagelse DT
2004-2005Elda Prestigio Valence
2005-2008Club Athlétique Béglais Handball
Sélections en équipe nationale **

Année(s)ÉquipeM. (B.)
1993-2008Équipe de France231 (462)
* Matchs joués et buts marqués dans chaque club
comptant pour le championnat national
et les compétitions nationales et continentales.
** Matchs joués et buts marqués pour l'équipe
nationale en match officiel.

Stéphanie Cano                            

stéphanie cano a été championne du monde en 2003 avec l'équipe de france de
Stéphanie Cano a été championne du monde en 2003 avec l'équipe de France de handball. © FFHB / Catherine Cabrol

Stéphanie Cano est une des handballeuses françaises les plus capées (231 sélections en 15 ans) et titrées, avec une victoire en Championnat du monde, deux médailles de bronze à l'échelle européenne et une Ligue des champions remportée en 2004 avec les Danoises de Slagelse.

Au cours de sa longue carrière de sportive, l'ancienne capitaine des Bleues a obtenu une licence STAPS entraînement puis débuté des études de kiné. La compétition lui prenant énormément de temps et d'énergie, la Girondine a réalisé sa 2e année sur deux ans.

Actuellement retraitée des terrains internationaux, Stéphanie Cano termine sa dernière année à l'école de kiné de Bordeaux. Soutenant son mémoire à la mi-juin, l'ailière droite entend travailler dans un cabinet en libéral (avant de s'associer ?) puis créer plus tard son entreprise de coaching santé.

 

 

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Stéphanie n'a pas oubliée qu'elle a débutée le handball à LEOGNAN....

Deux années d'apprentissage avant de partir vers un plus grand club MERIGNAC...

Elle a bien sûr acceptée avec plaisir d'être la marraine du handball club de LEOGNAN...

Stéphanie CANO n° 11 L'indispensable

 

 

Stéphanie CANO
 
 

Elle aurait pu passer à côté de tout. Du hand, découvert tard, à treize ans, après avoir taquiné le tennis, vibré aux exploits de Noah, admiré Evert-Loyd et Navratilova. Passer à côté de la riche carrière sportive et humaine qui est aujourd'hui la sienne. Elève distraite, des lacunes, peut mieux faire... Tel est le bilan que ses mentors de Léognan, Talence et Mérignac auraient pu faire de l'oiseau qui a mis tant de temps à prendre son envol. Le hand ? Un bon plan pour l'ambiance. Comme le bon vin, Stéphanie Cano s'est bonifiée avec le temps. Sans renier ses principes. Sans oublier ses valeurs. Le plaisir plutôt que la contrainte. Les sensations plutôt que le concret.

Ses arabesques ont longtemps été réservées à sa Gironde natale. L'artiste était épanouie au milieu des siens. Et puis elle s'est décidée à voler vers d'autres horizons. Pour chercher ailleurs ce que le club de son coeur ne pouvait plus lui proposer. Des réussites sportives ? Assurément. La demoiselle n'en tire aucune gloire, mais l'histoire retiendra qu'elle a été la première Française à gagner la Ligue des champions, douze mois seulement après avoir été la première à la perdre. Malheureuse à Valence, elle trouve ce bonheur à Slagelse. Mais au Danemark, les soirées sont sans âme et sans chaleur. Et le hand, dans ces circonstances, ne vaut pas tant de sacrifices. Elle est comme ça, Stéphanie Cano. Alors, direction Elda. La rigueur n'y est qu'Espagnole, mais l'équilibre bien meilleur.

Elle aurait pu passer à côté de tout. De l'équipe de France, découverte en 1993, le même jour qu'une certaine Isabelle Wendling. La trajectoire est moins rectiligne que son illustre compagnonne de route. La sienne a toussoté. A parfois même frôlé la panne. Par sa faute ? Par celle du sélectionneur ? Un peu des deux. Souffre-douleur d'un entraîneur qui fait passer toute sa colère sur sa joueuse parce qu'elle n'a pas mis sur sa tête le bonnet de l'équipementier officiel pour une balade anodine, elle est poussée dans ses retranchements. Elle aurait pu craquer. Claquer la porte. Ce n'est pas passé bien loin. Elle a tenu bon et, sans doute à son insu, deviendra même une incontournable taulière...

Sydney 2000. A l'autre bout du monde, en plein coeur des Jeux du fiasco, elle défie le chef. D'un simple mail, elle lui envoie sa gestion du groupe en pleine figure. Il accepte la critique. Fait même de la rebelle sa capitaine pour un Euro bronzé, en 2002 au Danemark. Il se laissera même aller à d'inimaginables éloges... Un an plus tard, lors de cette inoubliable soirée croate, c'est elle qui a l'honneur de brandir le trophée. Pudique, Stéphanie Cano, qui a regagné le nid du côté de Bègles, et Olivier Krumbholz ne s'épancheront jamais sur cette cohabitation houleuse. Tout juste lâcheront-ils quelques mots, empreints d'un respect réciproque. Aurait-il accepté d'une autre qu'elle mette sa carrière internationale entre parenthèses pour préparer une école de kiné ? La Girondine l'a fait, pour mieux revenir en bleu, brassard au bras. A la demande générale...

S'il ne fallait en retenir qu'une. Ce serait sans doute celle-là. Cette image, figée, gravée à jamais dans les mémoires. Quand, un soir de décembre 2003, alors que tout semblait perdu dans le final du championnat du Monde, du côté de la Croatie, elle a levé un bras rageur, poussé les siennes à la révolte. Quelques minutes plus tard, c'est elle, Capitaine Cano, Capitaine courage, qui s'en allée soulever le graal mondial. Soufflé avec insolence aux Hongroises.

Samedi 29 mai, quelques heures avant de jouer son dernier match officiel face à Bouillargues, sous le maillot béglais qu'elle revêt fidèlement depuis quatre ans, Stéphanie Cano se souvenait bien sûr de cet instant d'éternité. "Le Mondial 2003..., sourit-elle. Soulever la Coupe, ça déchirait grave".

"Elle gardera une place à part"
Sans doute, le moment de ranger la tunique au placard, ravive le souvenir précieux du plus beau titre du handball féminin. Il fait, surtout, resurgir les premiers émois, les toutes premières fois. "Mon premier souvenir de joueuse.... C'est le sport étude à Talence. Et le championnat de France universitaire. Je me souviens que c'était déjà difficile, je n'ai pas oublié la relation avec l'entraîneur qui nous poussait à avancer, à grandir. C'est le moment où tu franchis les premières étapes de ta vie de sportif." La jeune Stéphanie Cano se doutait-elle alors que ce chemin emprunté du côté de la Gironde la mènerait vers l'excellence ? Certainement pas.

De ces premiers ébats avec la petite balle ronde, elle évoque pourtant l'enthousiasme soulevé, déjà. "En UNSS, on venait d'être sacrées championnes de Gironde. Et mon frère m'a pris dans les bras comme si j'étais championne du Monde". Perspicace le frangin. Même si, lui non plus, n'avait pas dû imaginer la suite de l'aventure. Car Steph' Cano, "Pepette" pour les intimes de l'équipe de France, c'est surtout des médailles à gogo. Deux de bronze aux championnats d'Europe. La première en 2002. "Ca c'était quelque chose oui. quand on remporte la petite finale face aux Russes et que je suis élue meilleure ailière de la compétition. C'était quelque chose parce que je m'étais éclatée dans ce match-là. Mais ça c'est pour le côté égocentrique !". La seconde en 2006, aux côtés de la nouvelle génération.

"Un moment particulier"
C'est aussi, bien sûr, l'argent de Lillehammer au Mondial de 1999. Premier fait d'arme de la troupe d'Olivier Krumbholz. Le début d'une ère ou Cano a donné toute sa mesure. En plus de quinze ans de carrière, de Léognan à Bègles, en passant par Valence, Slagelse, la formation danoise, avec laquelle l'ex-capitaine de l'équipe de France a remporté la prestigieuse Ligue des Champions, l'enfant de Gironde, passée également par Mérignac, s'est construit une carrière hors du commun. S'est nourri des rencontres. Sans jamais se départir de sa simplicité. Elle n'a, surtout, jamais oublié d'où elle venait. Ni ceux qui l'ont poussée dans le bain du handball. A commencer par son premier entraîneur, Madame Barnades. Du côté de Léognan.

Olivier Krumbholz dit d'elle qu'elle "gardera une place à part. Que c'est quelqu'un qui s'accrochait. Qui ne renoncait jamais". Bel hommage. L'intéressée apprécie, en toute humilité. "C'est vrai que ça n'a pas toujours été facile. Mais je crois que je ne suis pas une faignante. Quand j'étais dans le dur, je me suis battue pour y arriver. Je savais que j'avais des qualités sans pour autant être une grande joueuse. Alors j'ai travaillé. Beaucoup, oui." C'est sans doute cette force de caractère qui l'a conduite à préparer avec soin sa vie d'après. Etudiante en école de Kinésithérapie depuis quatre ans, Stéphanie Cano devrait valider son diplôme dans quelques jours. Et c'est sans doute pour cela qu'elle n'appréhendais, samedi, pas plus que ça le terme de sa grande carrière. "Je ne sais pas trop si on se prépare à vivre un tel moment. Finalement, on essaie de faire comme d'habitude. Même si on sait qu'il y aura forcément plus d'émotions. Que ce sera particulier. A vrai dire, je m'y prépare en révisant mes cours de kiné ! Parce que je pense aussi à ce qui va suivre. Même si je vais profiter pleinement de ces instants particuliers."

S'il fallait retenir une dernière image. Ce serait celle-çi. Cet ultime but inscrit dans les dernières secondes du match face à Bouillargues, samedi. Le but de la gagne, évidemment. Parce que, sans doute, il ne pouvait pas en être autrement au moment de dire au revoir.
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